Les biocarburants
Si le premier moteur fonctionnant à l'huile d'arachide fut conçu en 1890, le développement des biocarburants sous leur forme actuelle est récent. Il date des années 70 pour le Brésil et 90 pour l'Europe.
En 1992, la nouvelle politique agricole européenne a imposé le gel de 15% de la surface céréalière, pour maîtriser le volume de production. Mais la culture sur jachère à des fins non alimentaires étant acceptée, celle-ci peut servir à des cultures à des fins énergétiques, par le biais des biocarburants ou des biocombustibles.
(Illustration de droite : "Je carbure au colza ")
Une énergie renouvelable
La biomasse est l'énergie en provenance des végétaux. Egalement appelée " houille verte ", la biomasse inclut les biocarburants. La croissance des végétaux dépendant de l'activité du soleil, les biocarburants sont donc une énergie renouvelable et, par extension, une énergie solaire.
Principe de fonctionnement
Trois grandes catégories de biocarburants existent : l'alcool, les esters et les huiles végétales.
L'alcool, dit " bioéthanol ", est produit par la fermentation des sucres contenus dans les plantes riches en sucre (betteraves, topinambours, canne à sucre...) ou en amidon (pomme de terre, céréales) ou encore dans les plantes ligneuses (bois, paille...). Pour éliminer les difficultés techniques liées au stockage de l'éthanol, celui-ci est converti par une réaction chimique en un éther dérivé de l'éthanol : l'ETBE (éthyl-tertio-butyl-éther).
Les esters sont issus du mélange avec un alcool d'huile de graines oléagineuses (obtenue par pressage du colza et du tournesol). La réaction obtenue produit un Esther et de la glycérine. Cet Esther est nommé " diester " par contraction des mots diesel et esther.
Les huiles végétales dont obtenues par simple pression à froid et filtration de graines oléagineuses (colza, tournesol, coprah, palme, soja, arachide). Une tonne de graines de Colza fournit 0,3 tonne d'huile.
Utilisations des biocarburants
Le bioéthanol peut être utilisé pour la cogénération ou comme carburant pour moteur. Il n'a pas besoin d'avoir le même degré de pureté que lorsqu'il est destiné à la consommation humaine.
Au Brésil, le bioéthanol est utilisé à l'état pur dans des voitures dont le moteur est adapté. En Europe, son usage est limité comme additif au supercarburant à un taux inférieur à 5%. L'ETBE constitue un très bon additif au supercarburant, toujours à un taux d'environ 5%. Additionnés à l'essence, l'éthanol et l'ETBE améliorent l'indice d'octane, ce qui permet de les utiliser dans les essences sans plomb. Dans ce cas, la perte de puissance du moteur est compensée par l'augmentation du rendement du moteur due à la meilleure qualité de la combustion, en raison de la présence d'oxygène dans ces composés.
Le diester, bien que techniquement substituable à 100% au gazole ou au fuel domestique, ne peut être mélangé au gazole qu'à hauteur de 5% pour être utilisé dans les moteurs diesels, à cause de la règlement actuelle.
Les huiles végétales peuvent être utilisées comme combustibles dans des moteurs adaptés. En effet, si les propriétés physiques de l'huile s'apparentent à celles du gazole, sa viscosité ne permet pas de l'utiliser sans préchauffage préalable dans des moteurs diesels classiques.
Avantages...
Les biocarburants participent à l'indépendance énergétique nationale.
Au niveau local : la culture pour les biocarburants permet de valoriser la jachère imposée par la politique agricole, et participe au maintient des activités rurales.
Pour l'environnement : l'utilisation d'éthanol est légèrement préférable à celle de supercarburant. L'utilisation d'ester est nettement plus favorable à la diminution de l'effet de serre que celle du gazole. Les huiles végétales pures sont, quant à elles, peu consommatrices d'énergie intermédiaire. Le CO2 rejeté lors de la combustion des biocarburants correspond à la quantité absorbée lors de la croissance des végétaux. Il n'augmente donc pas l'effet de serre. De plus, la présence d'oxygène dans les molécules de biocarburant améliore leur combustion et diminue le nombre des particules dues aux hydrocarbures imbrûlés, ainsi que le monoxyde de carbone.
Inconvénients...
Une vigilance s'impose sur les conditions de culture des jachères. En effet, une utilisation irraisonnée d'engrais entraînant une pollution des sols et des eaux peut contrebalancer le bilan écologique positif lié à la combustion des biocarburants. Le bilan de la fabrication du bioéthanol est relativement complexe, car des facteurs très divers entrent en jeu : nature des produits de base, gestion de la jachère, quantité d'énergie nécessaire à sa formation. Actuellement, le rendement énergétique est tout juste positif pour le bi éthanol.
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